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Actualites

Exacerbations de BPCO : une perpétuelle accélération

La répétition des exacerbations de BPCO est associée à une dégradation clinique sur le long terme, portant sur de nombreux domaines de l’état de santé : la fonction respiratoire, l’activité et la performance physiques, la qualité de vie, le risque cardiovasculaire, l’état psychologique. La mortalité faisant suite à une hospitalisation pour exacerbation est par ailleurs très élevée, avoisinant 45 % à 3 ans. La connaissance de l’histoire naturelle de la survenue des exacerbations et le développement de mesures préventives constituent donc des priorités pour la recherche clinique.

Une étude de la cohorte londonienne (Donaldson et coll) a porté sur l’intervalle entre les exacerbations au fur et à mesure que le temps passe. Les patients (n = 361) ont été suivis de 1995 à 2012, avec au total 3 226 exacerbations, et une médiane de 2,16 exacerbations par patient par an. Pour 15 % de ces exacerbations, le DEP n’était pas revenu à son état de base après 35 jours. Les auteurs montrent que, sur le long terme, chaque exacerbation augmente de 4 % le risque de survenue d’une nouvelle exacerbation par rapport au niveau de risque antérieur ; l’augmentation de risque est considérablement plus grande (+ 54 %) si la fonction respiratoire n’est pas récupérée à 35 jours.

Une autre étude (Patel et coll.), aux États-Unis cette fois et sur base de données (n = 61 750) montre que les exacerbateurs « non-fréquents » (1 épisode sur un an, 14 % de la population) sont déjà à risque élevé de nouvelles exacerbations comparés à des sujets « non exacerbateurs » (80 % de la population) : leur risque d’avoir 2 exacerbations l’année suivante est multiplié par 3 (il est multiplié par 7 pour les exacerbateurs d’emblée fréquents, 6 % de la population). En d’autres termes, la survenue d’une seule exacerbation est suffisante pour devenir « à risque ».

Ces données permettent d’insister sur le fait que chaque exacerbation doit être source d’inquiétude et de vigilance dans le suivi, de façon à mettre en œuvre tous les moyens thérapeutiques utiles à la récupération fonctionnelle rapide et à la prévention des récidives.

La bronchiolite à éosinophiles, nouveau syndrome à connaitre
Après les pneumopathies à éosinophiles (chronique, aiguës et subaiguës), après les bronchites à éosinophiles, il était logique qu’apparaissent entre les deux les bronchiolites à éosinophiles ! Depuis 2001 quelques cas isolés japonais ont été rapportés mais, et c’est l’intérêt de cette publication, c’est la première « série » que rapporte l’équipe de JF Cordier et V Cottin. A propos de 6 cas, dont un seul avec biopsie pulmonaire, il est proposé un nom : HOB (Hypereosinophilic Obliterative Bronchiolitis) et 3 critères diagnostics : 1/ éosinophilie sanguine supérieure à 1000/ml (ou plus de 25% d’éosinophiles dans le LBA) 2/ EFR montrant une obstruction bronchique persistante apres un mois de corticoides inhalés 3/ bronchiolite avec infiltration éosinophilique de la paroi bronchique en histologie ET/OU signes scannographiques de bronchiolite ( nodules centrolobulaires, images d’arbre à bourgeons, images branchées ). A nous d’identifier ces malades car les corticoïdes oraux sont très efficaces mais malheureusement souvent difficiles à interrompre.

The European respiratory journal : official journal of the European Society for Clinical Respiratory Physiology 2013 Jan

L'obésité n'est pas un facteur de surmortalité chez les patients hospitalisés pour pneumopathie. Au contraire!

Depuis des études comme celle de Nowbar et coll. en 2004, où il était montré que les malades atteints de syndrome obésité hypoventilation ont une mortalité plus importante en sortie d'insuffisance respiratoire aiguë, l'idée générale que le sujet obèse présente un risque plus élevé de mortalité est bien ancrée. Une cohorte américaine de 19 000 malades ayant présenté une pneumopathie aiguë a été analysée sur la mortalité à 90 jours, l'admission en réanimation, la nécessité de ventilation mécanique ou de drogues vasoactives. 3% des sujets était en sous poids, 30% normaux, 36% en surpoids, 27% obèses et 3% avec une obésité morbide. Aucun des stades de l'obésité n'était liée à tous les indicateurs cités ci-dessus, seuls les malades en sous poids avaient un risque plus élevé de décès (x1,4). Au contraire, l'obésité avait un effet "protecteur" avec une diminution de risque de mortalité (x0,86). L'obésité par elle-même n'est pas un facteur de gravité dans le cadre d'une pneumopathie aiguë, au contraire. Attention par contre aux sujets en sous poids.

 

The European respiratory journal : official journal of the European Society for Clinical Respiratory Physiology 2013 Apr; 41(4): 929-34

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