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Actualites

Asthme

La  prévalence de l’asthme chez l’adulte est passée de 5,8 % en 1998  à 6,7 % en 2006(1). Certes, la mortalité en rapport avec l’asthme a diminué de 2500 décès par an en 1990 à 1100 décès par an en 2006(2) mais les hospitalisations pour asthme restent fréquentes et ont été estimées à plus de 43000 hospitalisations entre 2005 et 2007(3).

La prise en charge de l’asthme repose sur le diagnostic de certitude avec une mesure de la fonction respiratoire. Outre, l’importance du diagnostic de certitude, la prise en charge de l’asthme est basée sur l’évaluation du contrôle de la maladie chronique, comme soulignée par les dernières recommandations de la prise en charge de l’asthme datant de 2004 sous l’égide de la HAS (ANAES) et de la SPLF (Société de Pneumologie de Langue Française).

Le contrôle de l’asthme apprécie l’activité de la maladie sur quelques semaines (1 semaine à trois mois). Il est évalué sur des critères cliniques : la fréquence des symptômes diurnes, des symptômes nocturnes, le retentissement de l’asthme sur l’activité physique, l’absentéisme scolaire ou professionnel, la fréquence des exacerbations, la fréquence du recours aux bronchodilatateurs de courte durée d’action, et des critères fonctionnels tel que la mesure de la fonction respiratoire. Cependant, 66 % des asthmatiques auraient un asthme partiellement contrôlé à non contrôlé, et seuls 12 % auraient eu une mesure de la fonction respiratoire récente(1).

La stratégie de prise en charge thérapeutique est basée sur l’évaluation du contrôle de la maladie asthmatique, avec une recherche de la dose minimale efficace et sur l’évaluation des facteurs environnementaux, sans oublier la place importante de l’éducation thérapeutique.
Les recommandations concernant le suivi de l’asthme de l’adolescent et de l’adulte sont actuellement en cours de réactualisation sous l’égide dela SPLF, et seront publiées en Janvier 2014.


Le 12 avril 2013
Pr Chantal Raherison Semjen – Pneumologue / Université Bordeaux Segalen U897 Institut de Santé Publique d’épidémiologie et de développement – CHU Bordeaux

Cancer du poumon

Le cancer bronchique reste encore un défi majeur de santé publique, car il est toujours responsable de la majorité des décès par cancer, dépassant, aux USA, la somme des décès par cancers du sein, du colon et de la prostate. Au-delà des politiques de prévention du tabagisme qui permettraient de réduire presque à néant ce fléau, notre compréhension de la biologie de ce cancer a permis des progrès importants, depuis les années 2000, dans la prise en charge des formes avancées notamment.

En effet, à cette date, les stratégies de combinaisons de chimiothérapie basées sur le platine avaient atteint un plateau avec des médianes de survie de 6 à 8 mois environ. Les progrès réalisés sont venus, d’une part, de la structuration des activités de cancérologie (Plans Cancer) et de la mise en place des plateformes de biologie moléculaire, et, d’autre part, des avancées dans le domaine des thérapies ciblées.

Sans revenir dans le détail sur la structuration des activités de cancérologie, l’existence d’une discussion collégiale (RCP), la mise en place de réseaux nationaux (mésothéliome, tumeurs thymiques, tumeurs neuroendocrines), le développement des prises en charge spécifiques (onco-gériatrie), …, constituent indiscutablement la 1ère source de progrès.
Néanmoins, les succès des nouvelles stratégies ciblées sont surement ceux qui illustrent le mieux le sens des progrès réalisés. En effet, les connaissances dans la biologie du cancer en général, et du cancer bronchique en particulier, ont conduit à un « démembrement biologique » de cette maladie. L’idée est de mettre en évidence, pour chaque tumeur, pour chaque malade et éventuellement à chaque étape de la maladie, le mécanisme biologique responsable de celle-ci en réalisant un prélèvement directement sur la tumeur et en l’analysant sur l’une des 28 plateformes labellisées par l’INCa. Ainsi, par exemple, les malades présentant une tumeur avec une mutation activatrice de l’EGFR (Epidermal Growth Factor Receptor) sont éligibles à un inhibiteur de l’EGFR avec des taux de réponses et une survie sans progression doublés par rapport à la chimiothérapie standard (même si celle-ci garde une place), et une médiane de survie globale de plus de 20 mois. Il en est de même pour les malades présentant une tumeur avec une translocation EML4-ALK, éligibles à un inhibiteur spécifique (crizotinib), conduisant à des résultats comparables. Ainsi, petit à petit, de plus en plus de couples, biomarqueur/traitement ciblé, deviennent disponibles, et bientôt on l’espère dans chaque situation (tous types histologiques, traitement initial, traitement de la rechute, …). Par ailleurs, d’autres thérapies ciblées sont également disponibles, sans que leur biomarqueur « compagnon » n’ait été identifié à ce jour, mais avec une efficacité démontrée (le bevacizumab, traitement antioangiogéniques – c’est-à-dire luttant contre la fabrication par la tumeur de nouveaux vaisseaux - par exemple, en association à la chimiothérapie classique).

Enfin, le développement par l’INCa d’un programme volontariste portant sur des biomarqueurs émergents et des stratégies innovantes, permet à la France et à ses malades d’accéder précocement, dans le cadre d’essais cliniques en particulier, aux nouveaux médicaments développés partout dans le monde. En effet, malgré l’accélération de la mise à disposition des nouvelles molécules (moins de 4 ans pour le crizotinib par exemple entre la découverte de l’anomalie biologique et la commercialisation du traitement ciblé), la possibilité pour chaque malade d’accéder à un essai clinique pertinent dans le cadre de sa maladie doit être une priorité pour chaque institution et chaque médecin.
Si la prévention du tabagisme est une priorité, les malades doivent savoir que des progrès ont été et sont réalisés régulièrement dans le cadre de la prise en charge du cancer bronchique.

Le 12 avril 2013
Pr Fabrice Barlési – Responsable du Groupe d'Oncologie de Langue Française (GOLF)

Fumer allonge de 6 semaines la guérison d'une fracture

Le Figaro indique en effet que « fumer n'encrasse pas seulement nos poumons, cela entrave également la résorption des fractures osseuses et augmente le risque de complications », selon une étude de chercheurs de l'université de médecine de Pennsylvanie (Etats-Unis), dévoilée en mars au congrès annuel de l'Académie américaine de chirurgie orthopédique.
Le journal explique que « les chercheurs ont analysé une vingtaine d'études concernant au total 6.480 patients, dont 1.457 fumeurs. Tous ont été soignés pour des fractures diverses (tibia, fémur, hanche, cheville, humérus, os longs des membres), à l'aide de différentes techniques (fixateur externe, fixateur interne du type vis, plaque vissée, clou) pouvant être combinées ».  
Le quotidien observe que « la guérison d'une fracture chez un non-fumeur prend en moyenne 24,1 semaines, contre 6 semaines de plus chez les consommateurs de tabac. Dans le cas plus spécifique du tibia, la différence s'accroît encore : 25,1 semaines pour les non-fumeurs, mais 7 semaines de plus pour les fumeurs ». Le Figaro ajoute que « le tabagisme s'accompagne aussi d'un nombre accru de complications. La fréquence des retards de consolidation de la fracture […] augmente de 15% chez les fumeurs présentant l'os d'un membre brisé. De même, le risque d'infections superficielles ou profondes chez les fumeurs (7%) est supérieur à celui constaté chez les non-fumeurs (2 à 4%) ».  
La Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique (Sofcot) explique ainsi que « fumer du tabac entraîne une absorption de monoxyde de carbone, qui empêche une oxygénation suffisante des tissus. Quant à la nicotine, elle diminue la production de collagène. Ce sont principalement ces deux agents, extrêmement nocifs pour la santé, qui entraînent une cicatrisation plus difficile et, surtout, qui favorisent l'infection des plaies chirurgicales et nuisent à la consolidation osseuse ».  

Le Dr Samir Mehta, chef du service d'orthopédie traumatologique à l'hôpital universitaire de Pennsylvanie et co-auteur de ce travail, retient pour sa part que « cette étude nous donne la possibilité d'aider les patients à comprendre que le tabac ne concerne pas seulement la santé de leur cœur. Le risque doit être pris en compte au moment de la blessure et quand on envisage une intervention chirurgicale ».


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