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Actualites

« Tabac : des règles durcies pour dissuader les jeunes »


Les Echos note que « les 28 Etats membres de l'Union européenne sont tombés d'accord pour durcir la législation sur le tabac, datant de 2001. Destinée à entrer en vigueur à compter de 2016, cette nouvelle mouture pourra être rendue encore plus sévère par les gouvernements qui le souhaiteront. L'idée est de dissuader les jeunes de se mettre à fumer et de convaincre les adeptes de renoncer au tabac ».
Le journal explique qu’« une des mesures phares concerne la taille des mises en garde des fumeurs contre les risques du tabac pour leur santé. […] Les avertissements devront couvrir 65% de l'avant et de l'arrière des paquets de cigarettes, de tabac à rouler ou autres... ».
Les Echos ajoute que « les cigarettes parfumées, considérées comme plus appétantes, seront interdites. Une liste des additifs autorisés sera établie par la Commission européenne. […] Le cas du menthol, très polémique, certains Etats comme la Pologne, où le menthol représente 40% des cigarettes fumées, y étant particulièrement attachés, a été traité à part. Il sera interdit comme les autres arômes, mais pas avant 2020 ».
Le quotidien remarque que « pour le groupe de tabac British American Tobacco, […] l'interdiction du menthol est «disproportionnée» et risque d'encourager «des millions de fumeurs à se procurer leurs cigarettes sur les marchés parallèles» de contrebande ou de contrefaçon ». Sur la même page, le journal indique que « la cigarette électronique reste en vente libre en Europe sous condition ».
Les Echos relève ainsi que « le résultat final des négociations assez conflictuelles entre le Parlement européen et les Etats membres a donné naissance à un cadre plus strict sur les producteurs de vapoteuses, sans toutefois aboutir aux mesures les plus extrêmes qui avaient été envisagées ».
Le quotidien explique qu’« une des batailles a porté sur le statut de ces e-cigarettes : produit de consommation en vente libre ou produit de santé à vendre uniquement en pharmacie ? […] La voie choisie est un des compromis comme les aiment les Européens : en dessous d'une concentration de nicotine inférieure à 20 mg/ml, les vapoteuses pourront être considérées comme des produits de consommation, avec une vente libre comme actuellement en France ».
« Au-dessus de ce seuil en revanche, on bascule dans le domaine médical, avec une vente en pharmacie et l'obligation d'en passer par une procédure de demande d'autorisation de mise sur le marché. Toutefois, il reste possible pour les Etats qui le veulent de maintenir la cigarette électronique dans la catégorie santé, quelle que soit la concentration », précise Les Echos.
Le Parisien aborde aussi cet « accord européen pour encadrer le vapotage et lutter contre le tabagisme », notant que « le compromis devra encore recevoir le feu vert final du Parlement européen et l'aval des Etats membres avant d'avoir force de loi. Dès que la directive sera adoptée, les Etats auront un délai de 2 ans pour la transposer dans leur législation nationale ».
Le Monde relaie aussi l’information et rappelle que « le tabagisme demeure la principale cause évitable de décès dans l'UE et environ 700.000 personnes en meurent chaque année. Au fil des ans, les mesures prises pour décourager le tabagisme ont contribué à réduire la proportion des fumeurs en Europe de 40% en 2002 à 28% en 2012 ».
Le Figaro note pour sa part que « l'Europe [est] clémente pour les vendeurs d'e-cigarettes », tandis que Libération retient que l’e-cigarette devient « mi-tabac, mi-médicament ».

Fumer tue

Par Jean-Louis Pujol (CHU de Montpellier et Laboratoire Epsylon EA 4556)
Article commenté :
50-Year Trends in Smoking-Related Mortality in the United States
Thun MJ, Carter BD, Feskanich D et al.
N Engl J Med. 2013 ; 368:351-64.

Cet article permet de connaître, sur une période de temps de cinquante ans, le lien entre le tabagisme et le décès par différentes maladies associées à cette addition.
L’amalgame des données d’études prospectives menées aux Etats-Unis depuis le début des années soixante porte sur plus d’un million d’hommes et plus d’un million de femmes ayant atteint l’âge de 55 ans. Les trois cohortes permettent l’analyse longitudinale au long de trois périodes : 1959-1965, 1982-1989 et 2000-2010.

Pendant ce demi-siècle couvert par l’étude, le tabagisme féminin n’a cessé d’augmenter pour se rapprocher en incidence et en durée de celui des hommes, alors que celui des hommes ne se modifiait pas.
Le risque relatif de décès par cancer du poumon s’est stabilisé à des valeurs élevées depuis les années 80 : 12,5 ; 25,3 et 27,3 pour les trois périodes respectivement. Le risque relatif de décès par cancer du poumon chez la femme, modéré dans les années soixante (2,7), n’a cessé de monter ensuite (12,6 dans les années 80) pour rejoindre celui des hommes à la période contemporaine : 26,2. Le risque de décès par bronchopathie chronique obstructive, faible en 1959 est, à la période contemporaine, toujours sur une courbe en croissance, pour l’homme (RR = 29) comme pour la femme (RR = 23).
 
Bien sûr il y a quelques limites à l’analyse faite ici, comme le fait de ne pouvoir analyser que des sujets d’ethnicité caucasienne et de ne pas avoir de donnée sur les sujets de moins de 55 ans. Mais cet article est indispensable à tous ceux qui souhaitent connaître le détail de la situation et prévoir les politiques de prévention.

 Sida : la circoncision confirme son intérêt sur le terrain
Le Figaro , Le Monde , L’Humanité

Pauline Fréour note dans Le Figaro que « pour la première fois, les bénéfices de la circoncision dans la lutte contre le sida ont été observés dans la vie réelle ». La journaliste indique qu’« une campagne menée dans un vaste bidonville d'Afrique du Sud a permis de réduire de 57 à 61% le nombre d'infections chez les hommes s'étant porté volontaires pour l'opération », selon une étude Inserm-ANRS publiée dans Plos Medicine.
Pauline Fréour explique que « la circoncision était proposée gratuitement aux quelque 110.000 habitants d'Orange Farm, à 45 km de Johannesburg. 15% des hommes étaient déjà circoncis au lancement de la campagne en 2007. Une proportion passée à 53% quatre ans plus tard ».
« Un échantillon de 3.300 hommes du bidonville ont été interrogés sur leurs pratiques sexuelles, qu'ils soient circoncis ou non. Les chercheurs soulignent que le recours au préservatif lors de rapports avec un partenaire non régulier était similaire dans les deux groupes, ce qui suggère qu'il n'y a pas eu de remplacement d'une méthode de prévention par l'autre. Avant toute opération, les volontaires étaient systématiquement informés sur l'efficacité partielle de la circoncision et sur la nécessité de continuer à se protéger par d'autres moyens »,
ajoute la journaliste.
Pauline Fréour rappelle qu’« on sait depuis 2005 que la circoncision limite la transmission du VIH en éliminant le prépuce, une zone de peau très sensible au virus. La face interne du prépuce est en effet riche en cellules chargées de débarrasser l'organisme d'éléments étrangers, appelées cellules de Langerhans. Or, lors d'un rapport avec une partenaire contaminée, ces cellules de Langerhans entrent en contact avec des cellules infectées par le VIH, et les transmettent aux cellules immunitaires (lymphocytes T) de l'homme. Mais par ce mécanisme, le VIH contenu dans les cellules féminines s'introduit dans les lymphocytes T, dont il se sert ensuite de support pour se reproduire et envahir l'organisme ».
La journaliste précise cependant que la circoncision « permet seulement de protéger (partiellement) l'homme d'une contamination par une femme infectée ; l'inverse n'est pas vrai. Cette protection n'est pas vérifiée dans le cadre de rapports homosexuels où un même individu peut être tantôt actif (donc potentiellement protégé), tantôt passif (la circoncision ne protège alors pas). Généraliser la circoncision ne présente donc d'intérêt que dans les pays où le niveau de contamination est élevé et où le virus se transmet principalement lors de rapports hétérosexuels ».
Le Monde aborde aussi cette étude menée par des chercheurs français, américains et sud-africains. Le journal relève que « la circoncision s'est avérée particulièrement efficace chez les 15-29 ans, les chercheurs estimant qu'en l'absence du programme de circoncision, le nombre d'infections par le VIH aurait été de 28% plus élevé dans cette tranche d'âge (19% pour l'ensemble de la population étudiée) ».
Le Pr Bertran Auvert, qui a coordonné ce travail, remarque ainsi : « L'étude montre qu'il est possible d'obtenir ce résultat en seulement quelques années, y compris dans des populations où la circoncision n'est pas une pratique usuelle, comme les pays d'Afrique australe et orientale où se concentrent 50 % de l'épidémie mondiale de sida ».
L’Humanité note pour sa part que « le Pr Auvert prévoit un recul de 25% de l’épidémie mondiale dans les années à venir si cette mesure de santé publique s’applique partout sur le continent [africain]. Une nouvelle étude est d’ores et déjà en cours pour évaluer les effets de la circoncision sur la réduction des risques d’infection chez les femmes ».

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