Sida : la circoncision confirme son intérêt sur le terrain
Le Figaro , Le Monde , L’Humanité

Pauline Fréour note dans Le Figaro que « pour la première fois, les bénéfices de la circoncision dans la lutte contre le sida ont été observés dans la vie réelle ». La journaliste indique qu’« une campagne menée dans un vaste bidonville d'Afrique du Sud a permis de réduire de 57 à 61% le nombre d'infections chez les hommes s'étant porté volontaires pour l'opération », selon une étude Inserm-ANRS publiée dans Plos Medicine.
Pauline Fréour explique que « la circoncision était proposée gratuitement aux quelque 110.000 habitants d'Orange Farm, à 45 km de Johannesburg. 15% des hommes étaient déjà circoncis au lancement de la campagne en 2007. Une proportion passée à 53% quatre ans plus tard ».
« Un échantillon de 3.300 hommes du bidonville ont été interrogés sur leurs pratiques sexuelles, qu'ils soient circoncis ou non. Les chercheurs soulignent que le recours au préservatif lors de rapports avec un partenaire non régulier était similaire dans les deux groupes, ce qui suggère qu'il n'y a pas eu de remplacement d'une méthode de prévention par l'autre. Avant toute opération, les volontaires étaient systématiquement informés sur l'efficacité partielle de la circoncision et sur la nécessité de continuer à se protéger par d'autres moyens »,
ajoute la journaliste.
Pauline Fréour rappelle qu’« on sait depuis 2005 que la circoncision limite la transmission du VIH en éliminant le prépuce, une zone de peau très sensible au virus. La face interne du prépuce est en effet riche en cellules chargées de débarrasser l'organisme d'éléments étrangers, appelées cellules de Langerhans. Or, lors d'un rapport avec une partenaire contaminée, ces cellules de Langerhans entrent en contact avec des cellules infectées par le VIH, et les transmettent aux cellules immunitaires (lymphocytes T) de l'homme. Mais par ce mécanisme, le VIH contenu dans les cellules féminines s'introduit dans les lymphocytes T, dont il se sert ensuite de support pour se reproduire et envahir l'organisme ».
La journaliste précise cependant que la circoncision « permet seulement de protéger (partiellement) l'homme d'une contamination par une femme infectée ; l'inverse n'est pas vrai. Cette protection n'est pas vérifiée dans le cadre de rapports homosexuels où un même individu peut être tantôt actif (donc potentiellement protégé), tantôt passif (la circoncision ne protège alors pas). Généraliser la circoncision ne présente donc d'intérêt que dans les pays où le niveau de contamination est élevé et où le virus se transmet principalement lors de rapports hétérosexuels ».
Le Monde aborde aussi cette étude menée par des chercheurs français, américains et sud-africains. Le journal relève que « la circoncision s'est avérée particulièrement efficace chez les 15-29 ans, les chercheurs estimant qu'en l'absence du programme de circoncision, le nombre d'infections par le VIH aurait été de 28% plus élevé dans cette tranche d'âge (19% pour l'ensemble de la population étudiée) ».
Le Pr Bertran Auvert, qui a coordonné ce travail, remarque ainsi : « L'étude montre qu'il est possible d'obtenir ce résultat en seulement quelques années, y compris dans des populations où la circoncision n'est pas une pratique usuelle, comme les pays d'Afrique australe et orientale où se concentrent 50 % de l'épidémie mondiale de sida ».
L’Humanité note pour sa part que « le Pr Auvert prévoit un recul de 25% de l’épidémie mondiale dans les années à venir si cette mesure de santé publique s’applique partout sur le continent [africain]. Une nouvelle étude est d’ores et déjà en cours pour évaluer les effets de la circoncision sur la réduction des risques d’infection chez les femmes ».