L'embonpoint n'est pas mauvais pour la santé

C’est ce que note Damien Mascret dans Le Figaro, relevant qu’une étude publiée dans le Jama « confirme ce que des dizaines de travaux antérieurs avaient déjà indiqué mais sans que les chercheurs osent vraiment y croire, tant cela paraît contre-intuitif : un peu de surpoids n'est pas mauvais pour la santé, peut-être même protecteur sous certaines conditions ».

Damien Mascret explique ainsi que « le Pr Katherine Flegal et ses collègues du Centre national des statistiques de santé américain ont compilé les données des 97 meilleures études parues ces dernières années sur le sujet. […] Première constatation, qui confirme la mauvaise réputation des kilos superflus dans le monde médical, «par rapport au poids normal», détaille le Pr Flegal. Ceux qui sont atteints d'obésité sévère ont une surmortalité de 29% par rapport aux individus de poids normal ». « Il n'empêche que les chiffres sont têtus et favorables au petit embonpoint », note le journaliste. Le Pr Flegal note ainsi que « parmi les différents niveaux d'obésité, seuls les plus importants sont associés à une surmortalité par rapport au poids normal, observe, mais pas l'obésité modérée ».

Damien Mascret précise que « la santé ne se réduit pas au poids, aussi faut-il nuancer les bienfaits apparents de quelques kilos en trop ». Le Dr Steven Heymsfield, spécialiste de l'obésité, directeur du Centre de recherche biomédicale à Baton Rouge (Louisiane), indique que « certaines personnes apparemment en surcharge pondérale ne le sont peut-être pas “en graisse”, car l'indice de masse corporelle ne tient pas compte de la composition de l'organisme. On voit cela fréquemment chez les jeunes adultes ou des groupes particuliers comme les militaires ». Le spécialiste ajoute néanmoins que « les personnes en surpoids atteintes de maladie chronique ont une meilleure survie que les autres, c'est le paradoxe de l'obésité ».

Damien Mascret note que « l'hypothèse émise pour expliquer ce paradoxe est qu'un peu de «réserve adipeuse» est bienvenue en cas d'accident de santé. Pour le reste, on sait que l'excès de poids s'accompagne d'une augmentation de la fréquence des maladies cardio-vasculaires, du diabète, de l'insuffisance rénale terminale, de certains cancers, etc. Accumuler «des réserves» en prévision d'un éventuel problème de santé n'est donc pas une stratégie recommandable, mais les médecins pourraient bien désormais être plus indulgents face au petit embonpoint ».

Le Parisien évoque également cette « nouvelle qui va vous donner une bonne excuse de ne pas tenir une de vos résolutions 2013 : celle de perdre un peu de poids ! ». Le journal explique que « cette méta-analyse, qui fait la synthèse de 97 études couvrant 3 millions d'individus dans le monde, avance plusieurs hypothèses pour expliquer ce paradoxe, comme les effets bénéfiques des plus grandes réserves d'énergie dans l'organisme ou encore le fait que les personnes légèrement obèses prennent davantage de traitements médicaux ».

« Les chercheurs ont ainsi déterminé que les personnes dont l'IMC se situe entre 25 et 30, considérées comme étant en surpoids, avaient un risque de décéder 6% moindre que celles justifiant d'une IMC de 18,5 à 25 (poids normal). Quant au risque de mortalité chez les personnes souffrant d'une obésité modérée (IMC de 30 à 35), il serait lui de 5% plus bas par rapport aux personnes de poids normal. Par contre, l'étude démontre que les personnes fortement obèses, dont l'IMC dépasse 35, voient leur risque de mortalité augmenter de 29% par rapport aux sujets normaux », précise le quotidien.