L'obésité plus meurtrière dans le monde que la malnutrition

Pauline Fréour note dans Le Figaro que « les maladies chroniques liées à la vieillesse et au mode de vie tuent désormais davantage que les maladies transmissibles ou la malnutrition », selon l'étude sur la santé dans le monde « Global Burden of disease », parue dans le Lancet et qui « a comparé les données sanitaires d'une cinquantaine de pays entre 1970, 1990 et 2010. Un travail d'une ampleur unique, qui met en avant d'importants progrès - la baisse drastique de la mortalité infantile, l'allongement de la durée de vie presque partout - et de moins bonnes nouvelles - la hausse généralisée des cancers et des maladies cardiovasculaires, le retard de l'Afrique sub-saharienne », relève la journaliste.

Pauline Fréour indique ainsi que cette étude « a permis de calculer que les hommes ont gagné en moyenne 11,1 ans d'espérance de vie en 40 ans, et les femmes 12,1 ans. Ce sont les Japonaises et les Islandais qui détiennent le record de longévité - respectivement 85,9 et 80 ans. Les Haïtiens, conséquence du séisme de 2010, détiennent à l'inverse le triste record de la vie la plus courte - 32,5 ans pour les hommes et 43,6 ans pour les femmes ».

La journaliste souligne que « l'une des raisons de cet allongement de vie quasi-global est la baisse réjouissante de la mortalité infantile, qui a reculé de 60% chez les enfants de moins de 5 ans. […] En cause, le recul de la malnutrition, l'amélioration des soins médicaux apportés à la mère et l'enfant et une meilleure protection contre les maladies transmissibles (tuberculose, diarrhée, pneumonie, tétanos) ». « Les spécialistes y voient l'impact des campagnes de vaccination, de l'éducation des femmes et de mesures sanitaires simples comme l'utilisation de moustiquaires ou de toilettes. Seule l'Afrique sub-saharienne, durement touchée par le sida et la malnutrition infantile, reste à l'écart de ces progrès et enregistre même un recul de l'espérance de vie », poursuit Pauline Fréour.

La journaliste souligne cependant que « le changement le plus frappant enregistré ces 20 dernières années réside dans le poids croissant des maladies chroniques liées au vieillissement et à l'évolution du mode de vie. Le grand âge, l'inactivité, l'alimentation trop riche, l'alcool et le tabagisme sont sources de cancers, diabète et maladies cardio-vasculaires. Ces pathologies […] sont désormais responsables des deux tiers des décès prématurés. […] Le seul surpoids cause aujourd'hui 3 fois plus de morts que la malnutrition ».

Pauline Fréour observe enfin que « l'écart de longévité entre les pays où l'on vit le plus vieux et ceux où l'on meurt le plus tôt n'a pas évolué », et relève que « le nombre de décès chez les jeunes adultes de 15 à 49 ans a augmenté de 44% en 40 ans, sous l'effet de la hausse des homicides, accidents de la route et du sida ».