Pollution : faut-il avoir peur du Diesel ?
C’est ce que se demande Martine Perez dans Le Figaro, indiquant que « dans un avis à l'Académie de médecine, [le Pr Michel Aubier] estime que les filtres à particules éliminent les émissions de ces moteurs ». Le pneumologue remarque ainsi que « le problème actuel est celui d'une diminution de la pollution liée aux transports dans sa globalité, plutôt qu'une focalisation sur les émissions des moteurs Diesel, compte tenu de l'évolution de la technologie ».

Martine Perez explique que « pour le chef du service de pneumologie à l'hôpital Bichat (Paris), la majorité des études liant le trafic routier à des problématiques de santé ne portent pas spécifiquement sur le Diesel, mais comparent des populations plus ou moins proches des zones de forte circulation ». Le Pr Aubier écrit que « les particules de Diesel comme d'autres particules fines peuvent être responsables de phénomènes d'irritation bronchique qui peuvent entraîner une réaction inflammatoire et une hyperactivité bronchique. Si la pollution de l'air a été largement incriminée dans l'augmentation de la prévalence de l'asthme et des manifestations cliniques d'allergies, la cause de cette augmentation n'est pas réellement déterminée. La fréquence similaire de l'asthme dans les pays “propres” du nord de l'Europe et dans les pays pollués de l'Europe de l'Est, indique même que la pollution de l'air serait plutôt un facteur aggravant qu'un facteur causal direct ».

Martine Perez relève en outre que « pour ce qui est du cancer du poumon, le Diesel a été récemment classé cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer. Plus de 6000 publications ont été consacrées à ce sujet. Il en ressort un faible risque relatif (multiplié par 1,2) de cancer du poumon pour des personnes ayant une exposition professionnelle (garagistes, conducteurs de camion) ». Le Pr Aubier estime que « les résultats de ces études sur la mortalité liée au Diesel doivent être interprétés avec prudence. Il s'agit d'une mortalité prématurée de quelques mois à 1 ou 2 années concernant les sujets fragiles, c'est-à-dire essentiellement les personnes âgées souffrant d'une maladie respiratoire ou cardio-vasculaire chronique» ».

La journaliste observe enfin que « toutes ces données proviennent d'études relativement anciennes. L'émission des particules dans leur ensemble a diminué. Mais les plus fines, comme les ultrafines restent encore un vrai problème ».