Fumer tue

Par Jean-Louis Pujol (CHU de Montpellier et Laboratoire Epsylon EA 4556)
Article commenté :
50-Year Trends in Smoking-Related Mortality in the United States
Thun MJ, Carter BD, Feskanich D et al.
N Engl J Med. 2013 ; 368:351-64.

Cet article permet de connaître, sur une période de temps de cinquante ans, le lien entre le tabagisme et le décès par différentes maladies associées à cette addition.
L’amalgame des données d’études prospectives menées aux Etats-Unis depuis le début des années soixante porte sur plus d’un million d’hommes et plus d’un million de femmes ayant atteint l’âge de 55 ans. Les trois cohortes permettent l’analyse longitudinale au long de trois périodes : 1959-1965, 1982-1989 et 2000-2010.

Pendant ce demi-siècle couvert par l’étude, le tabagisme féminin n’a cessé d’augmenter pour se rapprocher en incidence et en durée de celui des hommes, alors que celui des hommes ne se modifiait pas.
Le risque relatif de décès par cancer du poumon s’est stabilisé à des valeurs élevées depuis les années 80 : 12,5 ; 25,3 et 27,3 pour les trois périodes respectivement. Le risque relatif de décès par cancer du poumon chez la femme, modéré dans les années soixante (2,7), n’a cessé de monter ensuite (12,6 dans les années 80) pour rejoindre celui des hommes à la période contemporaine : 26,2. Le risque de décès par bronchopathie chronique obstructive, faible en 1959 est, à la période contemporaine, toujours sur une courbe en croissance, pour l’homme (RR = 29) comme pour la femme (RR = 23).
 
Bien sûr il y a quelques limites à l’analyse faite ici, comme le fait de ne pouvoir analyser que des sujets d’ethnicité caucasienne et de ne pas avoir de donnée sur les sujets de moins de 55 ans. Mais cet article est indispensable à tous ceux qui souhaitent connaître le détail de la situation et prévoir les politiques de prévention.